Historique de l’Anjrpc-FreeLens


1962-1969 : les premiers pas

Au début des années soixante, les reporters photographes constituent une toute nouvelle catégorie de journalistes. Ils sont « assimilés journalistes ». Une acception qui perdure encore aujourd’hui.
Fin 1961 à Grenoble, trois reporters photographes salariés permanents du Dauphiné Libéré et du Progrès de Lyon (Robert Bruyère, Aimé Mollard et Georges Richard) élaborent les bases de ce qui sera l’Association Nationale des Journalistes Reporters Photographes (ANJRP), fondée en 1962.
Soucieux de regrouper une catégorie très spécifique de journalistes, les Isérois rallient les photojournalistes du Sud-Est, puis ceux actifs au Sud d’une ligne imaginée par eux : « de La Rochelle à Evian ». Courant 1962, les fondateurs ont à coeur de convaincre leurs confrères parisiens de l’intérêt de cette association : « Il est décidé de la confection, par le système de l’imprimerie, d’une affichette qui sera distribuée à tous nos confrères Parisiens ». De même : « ...envoi de divers courriers à tous les directeurs de journaux, revues hebdo... envoi de courriers à divers membres du Gouvernement ... envoi de courrier à diverses personnalités Françaises et Etrangères ».
Le Président de l’ANJRP, Georges Richard, salarié du Dauphiné Libéré, établit également une relation avec la direction nationale du SNJ (Syndicat National des Journalistes) afin de faire valoir les revendications spécifiques des reporters photographes. Parmi les préoccupations prioritaires de l’ANJRP figure le respect du droit d’auteur : « On demandera fermement l’application des lois - J.O. du 14 mars 1957 - sur la protection des droits d’auteur... nous demanderons la signature obligatoire des photos ». En 1965, l’ANJRP est solidement implantée (400 membres) et Robert Fogliani (reporter photographe à La République du Var) en devient le Président. Le Secrétaire Général et Président du bureau parisien est Hubert Henrotte (reporter photographe au Figaro). Cette même année, projet de création d’une Fédération des Journalistes de l’Image qui regrouperait l’Association des Journalistes Cameramen de TV, l’Association des Journalistes Cameramen d’Actualités Cinématographiques et l’ANJRP. En 1968, Robert Doisneau succède à Robert Fogliani à la présidence de l’ANJRP. Parmi les membres actifs de l’association, on note alors les noms de Serge Gautier (L’Humanité), Jean Lattès (Gamma), Roger Pic (pigiste), Claude Azoulay (Paris-Match), Jean-Philippe Charbonnier (Réalités), Jean-Pierre Rey (pigiste), Raymond Depardon (Gamma), Jean Dieuzaide (pigiste), Marc Riboud (Magnum), Jean Pottier (pigiste), Jeanine Niepce (pigiste), Jacques Windenberger (pigiste).
Lors de l’assemblée générale de 1968, le Secrétaire Général Roger Pic indique dans son rapport d’activité : « le bureau parisien a représenté l’ANJRP pour tous les contacts inter-syndicaux, pour la représentation professionnelle vis à vis des pouvoirs publics, du Ministère de tutelle, de la Préfecture de Police, des organisations patronales... Des résultats positifs ont été obtenus et bien que trop peu de camarades aient participé à une action militante, le prestige de l’ANJRP n’a pas cessé de prendre de l’ampleur ». Roger Pic sera, jusqu’à sa mort en décembre 2001, la grande figure de notre association. Il fédèrera quatre décennies durant le gotha du photojournalisme basé en France : Henri Cartier-Bresson et la totalité des membres de Magnum, Gisèle Freund, William Klein, Paul Almasy...
A l’occasion de l’assemblée générale du 15 décembre 1969, l’ANJRP décide de s’ouvrir plus largement aux journalistes de l’image et devient ANJRPC (Association Nationale des Journalistes Reporters Photographes et Cinéastes).

FreeLens a tout d’abord été un mouvement spontané des jeunes photographes mobilisés pour faire face à la multiplication de contrats illicites proposés à la profession par certains groupes de presse. Après avoir rédigé un « Manifeste » fondateur et organisé un débat au festival Visa pour l’Image, ce mouvement s’est transformé en association durant l’automne 2000, présidée par Lorenzo Virgili. Cependant, l’ampleur et la variété des problèmes rencontrés ont amené FreeLens à élargir son action aux problématiques du droit à l’information, du statut du photographe dans la presse, et des conditions de travail et de protection des journalistes qui travaillent en zone de conflit et de tension. Par ailleurs, la restructuration des grandes agences photographiques, la concentration des titres de presse, les difficultés rencontrées pour faire respecter la loi qui protège les photojournalistes et les problèmes liés au droit à l’information, ont amené FreeLens à multiplier ses actions en faveur des photographes.

Afin de fédérer les actions des deux associations, et de réunir leurs adhérents, l’ANJRPC et FreeLens ont fusionné afin de constituer un pôle unique des photographes d’information sous le nom d’Anjrpc-FreeLens. A travers les nouveaux statuts adoptés le 15 septembre 2003, l’Anjrpc-FreeLens a voulu réaffirmer sa vocation : la défense de l’identité sociale et culturelle des photographes d’information, et la défense du rôle et de l’apport de la photographie d’information dans le débat démocratique.
Ces dernières années, l’association a été présidée successivement par Patrick Bard et Lorenzo Virgili, et depuis juin 2004 par Wilfrid Estève.